J’ai perdu un proche pendant ma grossesse

C’est pendant la grossesse de mon fils que j’ai perdu cet être si cher à mes yeux. Mon grand-père… Mon petit papi. Celui qui comprenait tout, que je câlinais tendrement et qui avait les mots à tous les petits tracas. Celui à qui l’on porte un amour démesuré.

J’étais enceinte de 4 mois et demi pour être exacte. Ma grossesse était déjà compliquée, il fallait se ménager et rester à domicile. Je savais que ce mal intérieur le rongeait. Foutu Cancer ! Les séances de chimiothérapie le fatiguait mais l’idée de connaître son arrière petit fils l’enchantait et lui redonnait goût à la vie.

Le cancer a malheureusement pris le dessus. Mon papi a été placé en soins palliatifs. Tout s’est bousculé, en un claquement de doigts. Un vrai cataclysme !

Je m’étais fabriqué cette bulle de protection par rapport à ma grossesse. A vrai dire rien n’était très concret. Tout devenait irréel depuis que je devais rester à la maison. J’étais vraiment dans un déni le plus total.

Et puis un matin, ce fameux vendredi à 9h45, j’étais déterminée ! Il fallait  demander à ma sage-femme l’autorisation d’aller le voir. Juste une petite heure. De déroger à la règle, une seule fois.  Et ainsi pouvoir prendre mon papi dans mes bras, le sentir une dernière fois. Lui dire au revoir.

Au départ, la sage-femme n’était pas contre, au contraire… (Je ne sais pas si c’est parce qu’il ne faut pas contrarier une femme enceinte). Le destin en a voulu autrement… L’auscultation a vite modifié le programme de ma journée !

Le verdict tombe : menace d’accouchement prématuré ! Hospitalisation immédiate pour ne pas risquer de perdre mon bébé. Car a 24 SA, le développement du fœtus n’est pas du tout achevé. Sa survie n’aurait pas été assurée.

Deux jours après, à l’hôpital on m’annonça la mort de mon grand père.  A vrai dire, je le savais, je le sentais. Je me souviens avoir beaucoup parlé à mon bébé. En lui expliquant que j’étais triste mais que ce n’était pas de sa faute. Je le câlinais en caressant mon ventre. Ce sentiment de vulnérabilité face à ce décès était très intense. L’immense tristesse de savoir que mon grand-père ne connaitrait pas mon enfant.

Je n’ai évidemment pas pu me rendre à l’enterrement. Mais je lui avais écris une lettre d’adieu… J’ai demandé à ce qu’on me raconte en détails la cérémonie. J’en avais besoin. C’était ma façon d’être là. Et puis, en janvier, après 3 mois ½ d’alitement mon fils est arrivé avec 2 semaines d’avances. Whaouuu, c’était notre victoire. Mon amour ma merveille, ma vie ! Un bon gros bébé de 4kg 624 (oui,oui). Je suis passée d’un état de tristesse profonde à un émerveillement le plus total le jour de sa naissance. Un vrai ascenseur émotionnel. Peu à peu le temps a fait son travail face a cette douloureuse période…

Aujourd’hui mon petit bébé de 4kg624 à 5 ans et sa sœur 2 ans. Je parle beaucoup de mon papi. C’est important pour moi. C’est une façon de l’avoir à nos côtés. Et comme le dit si bien la chanson : la mort n’arrête pas l’amour.

présentation dorothée

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